Le Blog

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Depuis que je suis diplômé, j’ai eu l’occasion de travailler en libéral bien sûr, mais aussi en institution(s) pendant 8 ans. En tant que jeune professionnel, en toute franchise, je me fichais un peu du discours institutionnel autour du « cadre ».
Pour moi c’était quelque chose qui était là, comme la machine à café, sauf que la machine à café, elle, je m’en servais plusieurs fois par jour (et je ne pouvais pas en dire autant du cadre)…

En libéral, voici ce qui se passait : J’avais des impayés, des lapins, des demandes farfelues de compte-rendu, attestations ou facturations (mais des vraiment pas claires !) et des arrêts sans motifs de (trop de) suivis.

Là aussi, je me servais beaucoup de ma machine à café et râlais de bonne foi – puisque le problème : « c’est les autres ».

Comme vous le savez peut-être si vous connaissez un peu la naissance d’InstaLib et les précédents articles du blog, vous savez que dans ma phase de début, lorsque mon cabinet peinait à vivre, j’ai eu la bonne idée de payer une supervision et une analyse de pratique.

Une belle rencontre, une femme formidable, une professionnelle avec une expérience incroyable.

Lorsque je lui explique mes soucis, ce qui m’amène, je vous le donne en mille sur quelle fut sa réponse : « Vous n’avez pas de cadre, c’est normal qu’on ne revienne pas ! ». Et bim ! Je ne l’avais pas vu venir celle là ! « On va encore me gonfler avec ce truc… » je me suis dit.

Je passe les détails mais elle m’a fait voir ce que mon absence de cadre véhiculait comme sentiments et projections sur mon travail et sur moi-même. Une sacrée professionnelle comme je vous le disais.

Pour nos patients, le cadre est sécurisant, il dit là où le professionnel va et là où il n’ira pas. Cela dit aussi là où le patient (ou client pour d’autres) peut aller ou non. Elle m’a aussi fait comprendre en quoi il était évident que toutes les personnalités perverses (mais pas que) allaient en profiter à leur avantage (et donc à mon détriment).

C’est ainsi que j’ai compris ce qu’apportait aussi le cadre dans ma pratique institutionnelle et comment cela m’a aussi fait progresser dans cette pratique en sachant à présent m’appuyer sur le cadre institutionnel.

Pour ma pratique en libéral, je peux vous garantir que cela a été magique et incroyablement fécond.
Voici ce qu’elle m’a fait changer :

  • Durée des séances
  • Prix des séances
  • Énonciation du cadre à la fin de la première séance
  • Chaque séance non déplacée ou annulée 24h avant est une séance que je facture
  • Énonciation de ma pratique et de mon référentiel
  • Dire que je suis soumis au secret professionnel (même si ce n’est pas vrai sur le plan législatif, ça l’est dans le cadre que je m’impose)
  • Changer des choses dans mon mode de prise de RDV
  • Annoncer en amont que je vais leur donner le cadre de mes séances
  • Deux autres choses qui appartiennent à mon cadre personnel propre et que je n’énumérerai pas ici

Quelles ont été les conséquences de cette mise en place et verbalisation dans ma pratique :

  • Prise de confiance en soi professionnelle
  • Fin des rendez-vous non honorés (Chaque manquement m’est réglé depuis)
  • Plus de lapin, plus de séance oubliée (Juillet 2019 par exemple, je voyais sur les réseaux sociaux bon nombre de consoeurs et confrères qui étaient dépités par le nombre de lapins posés car il faisait beau – Pour ma part, j’ai travaillé tout le mois de juillet et je n’ai eu aucun absentéisme de patient [c’est la première fois malgré tout en 10 ans soyons honnête])
  • Mon cadre véhicule une communication verbale et non verbale – explicite et implicite – qui sécurise grandement les personnes qui viennent en consultation
  • Chaque choix de cadre est stratégique, à une fonction bien précise de ce que cela doit faire entendre de ma pratique ET du respect que l’on me doit en tant que professionnel.

Cerise sur le gâteau : Tous mes patients s’en montrent satisfaits de ce cadre, notamment lorsque j’explique qu’en cas d’oublie la séance sera facturée ce à quoi ils réponde 3 fois sur 4 « C’est tout à fait normal ».

Vous comprenez donc qu’en tant que professionnel(le), si vous vous n’avez pas un cadre sérieux et réfléchi, si vous ne prenez pas en compte que cela impact directement votre image professionnelle et la sécurité interne de vos patients/clients, vous passez à côté d’un élément fondamental de la pratique en libéral (et institutionnelle bien sûr !).

Soyez attentif(ve) à votre cadre, élaborez-le, testez-le, pensez à ce que cela joue sur vous en terme de communication ! Demandez-vous dans quelle mesure un choix ou un autre jouent en votre défaveur sur le plan du respect de votre pratique, votre crédibilité, vos compétences d’étayage d’une personne en état de fragilité (passagère ou non). Nos étudiants qui ont modifié leur cadre pour se crédibilisé ont eu les mêmes bénéfices. S’en est presque mathématique. 

 

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Jérémie pour InstaLib, site d’accompagnement des thérapeutes en activité libérale.

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